La bourse ou la vie http://harribey.blogsudouest.com par Jean-Marie Harribey, co-président d'Attac Sun, 13 Jul 2008 21:01:17 +0000 http://wordpress.org/?v=wordpress-mu-1.2.1 fr Cher pétrole… http://harribey.blogsudouest.com/2008/07/13/cher-petrole/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/07/13/cher-petrole/#comments Sun, 13 Jul 2008 21:01:17 +0000 harribey écologieéconomiepétrole http://harribey.blogsudouest.com/2008/07/13/cher-petrole/ 26. Cher pétrole…

Jean-Marie Harribey

Politis, n° 1010, 10 juillet 2008

Cher pétrole, je me décide à t’écrire parce que le monde s’inquiète pour toi, ou pour lui-même. Tu sais combien nous te chérissons, et notre amour grandit avec ton prix. Plus tu es cher, plus tu nous es cher. Tes brusques accès de fièvre et tes envolées vers les sommets sont autant de piqûres de rappel : notre fidélité est à toute épreuve et l’addiction est telle que nous avons placé en toi l’essence de notre bien-être matériel. Cent cinquante ans de bonheur et de passion charnelle, puisque tout ce que nous mangeons, transportons et chauffons contient ton précieux liquide.

Et bonne pâte avec ça. On fore et tu te laisses approcher ; on pompe et tu jaillis ; on te canalise et tu irrigues la terre entière. A contrario, tu manies le paradoxe : tu as mis des centaines de millions d’années à te fossiliser et tu te consumes en un rien de temps, aussi vite que ton cousin le gaz. Tu aurais pu nous prévenir car jamais nous n’aurions supposé un tel décalage. Les experts ès combustibles fossiles nous assuraient que plus on épuisait un gisement, plus on avait intérêt à exploiter le suivant, ce qui aurait valu un « prix Nobel » d’économie aux soldats de La Palice. Il y avait bien eu les avertissements du géologue américain King Hubbert qui, dans les années 1950, avait prédit la diminution de la production pétrolière américaine. Mais personne ne l’avait cru et, aujourd’hui, nous approchons du pic de la production mondiale : celle-ci ne pourra ensuite que décliner.

Cher pétrole, nous sommes plongés dans l’embarras. On a libéré les marchés financiers et les spéculateurs ont compris le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de la certitude de ta disparition prochaine : en achetant aujourd’hui les barils de demain, ils font leur miel de ta coulée. Mais tu es bien protégé : toutes les armées du globe sont à tes pieds pour garantir ton bon écoulement, au cas où un dictateur, car ce ne pourrait être qu’un dictateur, voudrait te nationaliser, un projet absurde pour toi qui appartiens au monde entier.

On a construit des autoroutes partout et l’idée de faire rouler des camions dessus est venue spontanément : en effet, pourquoi laisser fondre au soleil le goudron, c’est-à-dire un peu de toi-même, sans user en même temps la gomme des pneus, dans lesquels il doit bien y avoir aussi quelques-unes de tes molécules ? Les camionneurs, les pêcheurs et les agriculteurs sont pendus au-dessus d’un brasero alimenté par toi, avec une corde tressée par les actionnaires des « majors », ces multinationales dont le métier est d’inciter à te consommer le plus vite possible. Les Etats ont longtemps fermé les yeux car les taxes sur les carburants rentraient dans les caisses que l’on vidait par ailleurs au nom du « moins d’impôt progressif ». Et ils se sont jusqu’ici abstenus de mettre en œuvre des énergies renouvelables. Taxer l’utilisation du pétrole, c’est plus facile que de taxer celle du soleil.

En l’absence d’alternatives proches, toutes les solutions d’urgence sont mauvaises. Laisser monter ton prix, c’est étrangler les petits producteurs, les salariés payés une misère et qui doivent rouler pour aller travailler ; en revanche, c’est une aubaine pour Shell, Exxon-Mobil, BP, Chevron-Texaco, Total, etc. Baisser ton prix, c’est encourager le gaspillage et abandonner tout espoir de limiter les émissions de gaz à effet de serre. D’autant que le doublement, en l’espace d’un an, du prix du baril exprimé en dollars courants est trompeur. Exprimé en euros, il n’augmente que des deux tiers. Et exprimé en dollars constants, il est aujourd’hui au même niveau que dans les années 1860. Certes, entre temps, il avait durablement été divisé par dix. Rapporté au SMIC, le prix du litre d’essence a diminué d’un tiers depuis 1973, mais doublé depuis son point le plus bas en 1998, ce qui déstructure le budget des pauvres. Enfin, sur le long terme, nous ne te payons pas davantage qu’à l’époque où l’on a commencé à s’enivrer de toi. A cause de ton épuisement progressif, il faut s’attendre à devoir te payer réellement beaucoup plus cher, bien que des apprentis sorciers parient sur la fonte des glaces polaires et du permafrost pour amorcer une nouvelle ruée.

Les pays qui s’imaginent vivre sur un pactole ne savent pas qu’aucune économie rentière n’est durable. Le Président Chavez s’en apercevra un jour, espérons avant qu’il ne soit trop tard. Quant à ton remplacement par des agrocarburants, il n’y a plus que le Président Lula pour y voir l’avenir des sans terre.

Cher pétrole, nous nous étions abandonnés à toi et tu es sur le point de nous quitter. Désemparé, je renonce à t’envoyer cette lettre par la poste qui est devenue une banque proposant des placements sur des valeurs sûres, toi peut-être encore pendant un temps. Je préfère la jeter à la mer. Je trouverai certainement un baril vide pour la glisser dedans. Et puis, hop, à la mer, cette mer qui déjà te recueille si bien quand un pétrolier fait naufrage.

12 juin 2008

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La RTT est l’avenir de l’homme http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/22/la-rtt-est-l%e2%80%99avenir-de-l%e2%80%99homme/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/22/la-rtt-est-l%e2%80%99avenir-de-l%e2%80%99homme/#comments Thu, 22 May 2008 07:45:52 +0000 harribey productivitéretraitesRTTtravail http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/22/la-rtt-est-l%e2%80%99avenir-de-l%e2%80%99homme/ 25. La RTT est l’avenir de l’homme

Jean-Marie Harribey

22 mai 2008 : journée de grève et de manifestations pour s’opposer au nouvel allongement de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein : 41 ans en attendant les 42 ans prévus dans la foulée. Mme Laurence Parisot, au nom du Medef et des actionnaires, propose de reculer l’âge de la retraite à 63 ans et demi, pour éviter que des salariés ayant commencé à travailler tôt ne puissent compter 41 ou 42 ans de cotisation dès l’âge de 60 ans. Non mais, sans blague, travailleurs, vous êtes nés pour travailler, pas pour rttétiser.

Un obus supplémentaire a été tiré cette semaine par l’UMP contre les 35 heures. Le Ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité (travail, famille et… ?) a fait mine de démentir tout en disant vouloir « sortir du carcan des 35 heures imposées partout et pour tous de la même façon » (Le Monde, 21 mai2008).

Primo, les 35 heures n’ont jamais été appliquées dans les entreprises de moins de 20 salariés, par décision de l’ancien Premier Ministre Raffarin : près d’un tiers des salariés n’en ont jamais vu la couleur.

Secundo, quel est le sens d’une RTT applicable « à tous et partout » ? Les gains de productivité sont différents d’un secteur de l’économie à l’autre. Très élevés là où la rationalisation du travail est importante, où l’intensification du travail est toujours poussée davantage et où l’automatisation est possible. Faibles ailleurs, notamment dans certains services de type qualitatif ou relationnel. Mais l’économie est un tout, où chaque élément dépend des autres. Que serait par exemple l’augmentation de la productivité du travail dans l’industrie aux techniques sophistiquées sans un secteur éducatif derrière ? Ainsi, les gains de productivité apparaissant en un endroit doivent leur niveau à ce qui se passe autour. Il n’y a alors aucune raison pour que leur affectation soit réservée au secteur où ils apparaissent. La RTT « pour tous et partout » est donc une manière d’effectuer une péréquation de la répartition des gains de productivité : ceux-ci sont dus à la collectivité, ils doivent revenir à la collectivité. Donc, surtout pas aux actionnaires, bien entendu, mais pas non plus aux seuls salariés qui, par hasard, sont employés dans un secteur où une forte productivité surgit.

L’attitude « cul pincé » du PS devant sa propre loi des 35 heures est affligeante : « La RTT n’est plus une question centrale » a déclaré Gaëtan Gorce, ancien rapporteur de la loi Aubry (Le Monde, 21 mai 2008). Si, Monsieur, elle sera la question centrale du XXIeme siècle, d’un point de vue social et d’un point de vue écologique. Mais, sans doute, penser deux choses à la fois – les finalités du travail et celles de la production – est trop demander aux sociaux-libéraux.

Ils confortent l’idéologie qui s’est insinuée jusque dans la tête des travailleurs. Chaque fois que ceux-ci débauchent plus tôt, ou ne viennent pas travailler le mercredi ou le vendredi après-midi, ou bien posent un jour pour aller manifester, ils « prennent leur RTT », telle une prime occasionnelle. L’effet pervers de cette rhétorique est de dénaturer la portée de l’abaissement de la durée légale du travail, comme si la durée légale du travail était restée à 39 heures. Dire « prendre un jour de RTT » au lieu de « prendre un jour de congé », c’est ne pas considérer la RTT des 35 heures de la même façon qu’ont été considérés à leur époque les congés payés, les 40 heures et les 39 heures hebdomadaires. En instituant, dans le langage même, une différence entre le temps libre « congé » et le temps libre « RTT-35 heures », ce dernier est délégitimé. C’est exactement le but recherché par le patronat et le gouvernement. C’est malheureusement la caution apportée à cette entreprise par le PS qui ne comprend pas que, s’il y a des gains de productivité du travail, la RTT est l’avenir de l’homme.

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La richesse du loisir n’est pas de la valeur http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/la-richesse-du-loisir-n%e2%80%99est-pas-de-la-valeur/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/la-richesse-du-loisir-n%e2%80%99est-pas-de-la-valeur/#comments Tue, 20 May 2008 11:14:31 +0000 harribey richesseRTTtemps libretravailvaleur http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/la-richesse-du-loisir-n%e2%80%99est-pas-de-la-valeur/ 24. La richesse du loisir n’est pas de la valeur

Jean-Marie Harribey

On peut facilement imaginer que la décision de Nicolas Sarkozy de mettre en place une commission chargée de proposer de nouveaux indicateurs de richesse n’était pas exempte d’arrière-pensées. La croissance économique n’étant ni au rendez-vous ni, en soi, capable de répondre aux besoins sociaux, il fallait bien trouver un dérivatif au sentiment que la forme de richesse proposée par le capitalisme comme modèle était dépassée. Mais la déclaration de Joseph Stiglitz (Libération, 20 mai 2008), responsable avec Amartya Sen de cette commission, montre à quel point la discussion sur cette question est mal engagée, même lorsque ceux qui la posent sont animés des meilleures intentions.

Sous le titre « La valeur du loisir est un élément de la richesse », Joseph Stiglitz souligne à juste titre les mérites de la diminution de la durée individuelle du travail, à la fois pour permettre à tous ceux qui le désirent d’occuper un emploi et pour accroître le temps libéré de chacun. Ainsi, le véritable progrès social n’est pas de travailler plus mais de travailler moins, au fur et à mesure que la productivité du travail augmente.

Mais Joseph Stiglitz en conclut qu’il faut « intégrer dans la mesure du PIB la valeur du loisir ». Cette proposition révèle toute l’incompréhension de la science économique moderne, d’inspiration libérale néoclassique, de ce que sont la richesse et la valeur. Ce que contient le PIB – et il ne peut contenir que cela –, c’est la fraction de la richesse qui est issue de l’activité humaine ayant, par définition, une expression monétaire. Notons au passage que celle-ci comprend le produit des entreprises vendu sur le marché et celui non marchand des administrations et collectivités, dont le paiement est socialisé par le biais de l’impôt. C’est une manière de dire que le travail à l’origine des marchandises est productif de valeur économique, et que, contrairement à la doxa dominante, le travail à l’origine des services non marchands (éducation et soins notamment) l’est également.

C’est ici que commence l’impensé de toute la théorie économie dominante. En ayant récusé la distinction entre la « valeur d’usage » et la « valeur d’échange », qui remonte à Aristote et qui fut au fondement de l’économie politique et de sa critique, de Smith à Marx, la théorie libérale contemporaine a circonscrit le périmètre de la richesse à celui de la valeur, pire, à celui de la seule valeur susceptible de participer à l’accumulation privée de capital. On comprend ainsi la charge récurrente contre les services non marchands accusés d’être parasitaires et d’être un prélèvement sur l’activité marchande. Mais, le comble est atteint lorsque la contestation du productivisme inhérent à une société à laquelle est assignée une seule finalité, faire toujours plus de profit, est devenue telle que, crise écologique et dérèglement climatique aidant, certains proposent d’attribuer une valeur monétaire à ce qui n’en a point jusqu’ici.

Par exemple, les meilleurs esprits s’imaginent que, puisque le marché ne reconnaît pas spontanément une valeur à la nature, il faut lui en donner une, en créant un marché justement. Or, la lumière solaire a une valeur d’usage – elle est donc une richesse – mais n’a pas et ne peut avoir une « valeur » au sens économique. Une ressource naturelle inexploitée, parce qu’elle serait inatteignable ou qu’elle devrait être préservée, est une richesse qui n’a pas de « valeur » économique en l’absence précisément d’exploitation. De même, le lien social est une richesse mais n’est pas susceptible de « valorisation » économique. Et le loisir dont parle Joseph Stiglitz est une richesse mais ne peut être considéré comme une « valeur » intégrable dans le PIB. Sa formule doit donc être renversée : la richesse du loisir n’est pas de la valeur.

Dissipons un malentendu qui tient au refus de l’intuition géniale d’Aristote rappelée ci-dessus : la valeur du temps libre ne ressortit pas au registre économique, mais aux registres du politique, de l’éthique et de l’esthétique. Elle est incommensurable avec celle des marchandises, ni même avec celle de la production non marchande. Elle est donc inintégrable dans le PIB.

La critique de l’économie politique doit donc être refondée à partir du point où elle fut délaissée par la prétendue « science économique ». Seul le travail est créateur de valeur économique ; merci aux spéculateurs de nous avoir rappelé que le capital était stérile, sinon pourquoi les bulles financières finiraient-elles toujours par éclater ? Mais la richesse qui existe au-delà du périmètre du travail productif de valeur ne mérite pas nécessairement d’y être absorbée, sous peine de devenir un nouvel enjeu pour la valorisation du capital.

Comment reconnaître alors l’importance de cet « au-delà de la valeur » qui constitue une authentique richesse dont l’ « usage » peut n’avoir qu’une finalité sociale, conviviale, voire contemplative ? En rendant aux individus ce temps que le capitalisme s’est ingénié à leur voler en les faisant produire, même en dehors de toute considération de besoins, puis en les faisant consommer, à condition qu’ils aient du « pouvoir d’achat ». Ceux qui, pour les meilleures raisons du monde, croient pouvoir compléter le PIB se trompent de cible et donnent raison au proverbe « Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt ».

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Abonder la Sécurité sociale pour financer les retraites http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/abonder-la-securite-sociale-pour-financer-les-retraites/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/abonder-la-securite-sociale-pour-financer-les-retraites/#comments Tue, 20 May 2008 11:08:23 +0000 harribey financerépartitionretraitesrichessetravail http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/20/abonder-la-securite-sociale-pour-financer-les-retraites/ 23. Abonder la Sécurité sociale pour financer les retraites

Jean-Marie Harribey

2 avril 2008

La tribune de Didier Migaud (« Abonder le fonds de réserve des retraites », Le Monde, 2 avril 2008) pourrait être un canular en guise de poisson d’avril. Certes, il convient, comme il le dit, de ne pas en rester aux solutions envisagées par le gouvernement et le patronat qui se sont fixé pour unique objectif de rallonger la durée de cotisations et/ou de reculer l’âge de la retraite. Ces deux propositions n’auraient pour but que de diminuer le niveau général des pensions. Mais peut-on, à l’instar de D. Migaud, proposer sérieusement d’« utiliser les marchés financiers pour financer une partie des retraites » parce que le Fonds de réserve des retraites aurait une « rentabilité supérieure » ?

A l’heure d’une crise financière sans précédent qui affecte toutes les institutions financières (banques, fonds de placement et fonds de pension) et qui menace de plonger l’économie réelle dans une récession mondiale, la proposition prend l’allure d’une provocation. Provocation contre le bon sens : comment confier les retraites des salariés à la Bourse et aux différents compartiments du marché qui ont fait la preuve de leur incapacité à assurer la stabilité monétaire et financière ? On pourrait énumérer la longue suite de faillites des entreprises et des fonds qui ont dû, au cours des dernières années, avouer qu’ils ne pourraient jamais honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs retraités actuels et futurs, et qui appellent à la rescousse des Etats par ailleurs vilipendés pour leurs déficits, ou bien préconisent à leur tour de reculer l’âge de la retraite.

Provocation aussi de type politique et éthique. D. Migaud fait état d’une rentabilité annuelle de 8% que pourrait obtenir le Fonds de réserve en rémunération des placements financiers des sommes qui lui seraient allouées par la collectivité. On touche du doigt ici l’insoutenable légèreté de la pensée libérale en matière de retraites, fondamentalement axée sur l’idée absurde qu’il y aurait une source miraculeuse de richesse supplémentaire qui pourrait jaillir de la finance. Si un rendement supérieur à la croissance de la production réelle est obtenue grâce à un placement financier, cela signifie simplement que le capital s’en est approprié une part plus grande et que la rémunération salariale – cotisations sociales abondant les organismes sociaux incluses – a vu la sienne baisser. Pire encore, compte tenu de la mondialisation financière, cela signifie que, via les placements dans des régions du monde où la main d’œuvre est surexploitée, les fonds de pension, privés ou collectifs, rapatrient dans les pays riches de quoi pallier l’assèchement volontaire progressif de l’assurance vieillesse, pour mieux la déclarer ensuite au bord de la cessation de paiement. La solution vantée par M. Migaud inaugurerait-t-elle un nouveau « socialisme » international ? On reste partagé devant tant de naïveté ou de cynisme.

En vérité, la solution au financement des retraites existe et elle figure d’ailleurs en filigrane de tous les rapports du Conseil d’orientation des retraites (COR). Elle consiste à mettre un terme au dérapage de la part salariale dans la valeur ajoutée et à accompagner l’évolution démographique par un relèvement progressif des cotisations sociales. Est-ce possible ? Le besoin de financement supplémentaire des retraites, par rapport à la loi Fillon de 2003, a été estimé par le COR à un point de PIB en 2020 et à un point et demi en 2050. Personne ne peut raisonnablement croire que l’évolution de l’économie ne permettra pas de le couvrir. Où trouver ce financement supplémentaire ? L’hésitation n’est plus permise : il faut soumettre les revenus du capital à cotisations, soit en augmentant le taux de cotisations dites patronales, soit en élargissant l’assiette des cotisations aux profits et en y appliquant le même taux qu’aux salaires. Objectera-t-on qu’il y aura un renchérissement du « coût du travail » ? La frénésie de profits au cours des trente dernières années, facilitée par la financiarisation de l’économie mondiale avec sa spéculation récurrente, sa prolifération de produits financiers et ses paradis fiscaux pour abriter fraude et évasion fiscales, frappe d’illégitimité toutes les lamentations patronales sur le « coût du travail ». Car ce qui est en train de délabrer les sociétés, du Nord au Sud de la planète, c’est le « coût du capital », dans un double sens : ce qu’il prélève comme richesses devient exorbitant et ce qu’il provoque comme dégâts sociaux devient inestimable. La finance mondiale dégrade la condition salariale et celle de tous les pauvres dans le monde, et, en retour, l’océan de profits distribués par le canal des placements financiers est tel que leurs bénéficiaires les recyclent sur les marchés pour participer à l’économie-casino à laquelle veut nous convier D. Migaud. Ce qui est en jeu dans les projets de capitalisation, celui de la loi 2003, ou celui camouflé du Fonds de réserve, c’est d’inscrire la France – et les autres pays car l’Union européenne et les institutions internationales poussent dans le même sens – dans un mouvement de recul irréversible de la couverture collective des besoins sociaux. Précisément à une époque où les marchés financiers sont avides de liquidités pour permettre aux fonds de placements de participer à la restructuration mondiale des activités.

Qu’on ne s’y trompe pas : le choix d’un mode de financement des retraites révèle un choix de société. Ou bien on allonge la durée de cotisations, pendant que la productivité du travail progresse et que les entreprises continuent de licencier au-delà de 55 ans, et on pousse à l’introduction d’une capitalisation qui ne peut s’épanouir qu’en réduisant les retraites par répartition. Ou bien on abonde la Sécurité sociale, parce que, elle, elle ne spécule pas, elle organise la mutualisation des ressources et elle a une vision de long terme, fondée sur un pacte social qui lie les générations.

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Travailleurs, ça va être votre fête ! http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/01/22-travailleurs-ca-va-etre-votre-fete/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/01/22-travailleurs-ca-va-etre-votre-fete/#comments Thu, 01 May 2008 06:30:44 +0000 harribey retraitestravail http://harribey.blogsudouest.com/2008/05/01/22-travailleurs-ca-va-etre-votre-fete/ 22. Travailleurs, ça va être votre fête !

Jean-Marie Harribey

40 ans après Mai 68, il fallait bien marquer un pareil anniversaire. Donc, en ce 1er mai 2008, vous ajouterez une bougie de plus au gâteau car il vous faudra travailler 41 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein. Un bonheur n’arrivant jamais seul, vous travaillerez 42 ans un peu plus tard. Et, comme le patronat sait compter et que vous pourriez avoir l’idée saugrenue de quitter votre poste à 60 ans en possession de vos annuités requises (41 ou 42) si votre jeunesse fut consacrée au boulot, il a pensé (Mme Parisot et M. Gautier-Sauvagnac ne pensent pas qu’à des caisses noires) qu’il fallait reculer l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, peut-être 65 ans à l’avenir.

A défaut d’ouvrir une véritable négociation avec les représentants des salariés, le gouvernement a ouvert un forum de discussion sur Internet. Il vous invite à donner votre avis. Un avis fondé sur quoi ? Les informations données par la presse ? Néant. Celles du gouvernement et du patronat ? Elles valent ce que vaut le créationnisme par rapport à la théorie de l’évolution des espèces. C’est-à-dire moins que zéro.

Ce n’est même plus une question d’opinion, c’est que tout est faux, aussi faux que l’était au XVe siècle la croyance que la terre était plate et que le soleil lui tournait autour. Des éléments de preuve sur le site “Critique de l’économie politique” .

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Spéculation et crise : ça suffit ! http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/27/speculation-et-crise-ca-suffit/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/27/speculation-et-crise-ca-suffit/#comments Thu, 27 Mar 2008 07:23:41 +0000 harribey criseéconomiefinancespéculation http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/27/speculation-et-crise-ca-suffit/ 21. Spéculation et crise : ça suffit !

Jean-Marie Harribey

Une pétition vient d’être lancée par un collectif d’économistes européens pour dire stop à la financiarisation de l’économie. Les signatures sont recueillies sur le site “Spéculation et crise : ça suffit !

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Comprendre la crise financière http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/21/comprendre-la-crise-financiere/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/21/comprendre-la-crise-financiere/#comments Fri, 21 Mar 2008 19:24:49 +0000 harribey capitalismecrisecrise financièreéconomie http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/21/comprendre-la-crise-financiere/ 20. Comprendre la crise financière

Jean-Marie Harribey

Sur le site “Critique de l’économie politique”, une histoire semi-parodique de la crise financière en cinq tableaux.

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L’indignation sélective du Medef http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/05/lindignation-selective-du-medef/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/05/lindignation-selective-du-medef/#comments Wed, 05 Mar 2008 08:05:13 +0000 harribey patronatprofitsscandales http://harribey.blogsudouest.com/2008/03/05/lindignation-selective-du-medef/ 19. L’indignation sélective du Medef

Jean-Marie Harribey

600 millions d’euros de caisse noire à l’IUMM, le patronat de la métallurgie ; 20 millions d’euros pour « fluidifier les relations sociales », entendez pour corrompre ; 1,5 million d’euros d’indemnités de départ au « salarié » Denis Gautier-Sauvagnac. Et Laurence Parisot, nouvelle Jeanne d’Arc qui veut « nettoyer » le patronat au karscher, s’indigne.

S’indigne-t-elle des 150 à 180 milliards (milliards !) d’euros détournés chaque année (chaque année !) depuis un quart de siècle (vingt-cinq ans !) de la masse salariale vers les profits ? En France ; ailleurs, c’est pareil : environ 10% des PIB. Non, elle et tous les commentateurs bien-pensants préfèrent parler de « moraliser le capitalisme ». « Capitalisme moral » est un oxymore, c’est-à-dire une contradiction dans les termes.

Mais le Medef ne compte pas dans ses rangs un Corneille, capable d’utiliser une figure de style telle que celle qu’il met dans la bouche du Cid : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles… ». Il ne compte que de l’argent, toujours de l’argent, rien que de l’argent.

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Qu’enseigne-t-on dans les facs d’économie sur les retraites ? http://harribey.blogsudouest.com/2008/02/15/quenseigne-t-on-dans-les-facs-deconomie-sur-les-retraites/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/02/15/quenseigne-t-on-dans-les-facs-deconomie-sur-les-retraites/#comments Fri, 15 Feb 2008 08:21:27 +0000 harribey capitalisationidéologierépartitionretraites http://harribey.blogsudouest.com/2008/02/15/quenseigne-t-on-dans-les-facs-deconomie-sur-les-retraites/ 18. Qu’enseigne-t-on dans les facs d’économie sur les retraites ?

Jean-Marie Harribey

Article publié sur le site de cityzenmag.com

Plus l’idéologie économique libérale se délégitime sur fond de crise du capitalisme financier, plus la grosse artillerie est mobilisée pour maintenir l’étouffoir sur la pensée, en prévision de la nouvelle attaque sur les retraites que le gouvernement a programmée pour ce printemps. On sait qu’il a l’intention d’augmenter de 40 à 41, puis 42 ans, la durée de cotisation exigée pour obtenir une pension de retraite à taux plein. Donc les idéologues montent au créneau. Plus ils occupent une position importante, à l’Université, dans le monde des affaires ou dans les médias, plus leurs arguments sont censés faire autorité. Pourtant, leurs affirmations sont à l’économie ce que l’astrologie est à l’astronomie : zéro. Trois exemples pris dans l’actualité de ces jours-ci.

Premier exemple. Antoine d’Autume, Professeur à l’Université Paris I, écrit, dans l’article « Retraites » du Dictionnaire d’économie publié en 2007 par Encyclopedia Universalis (excusez du peu), que seuls les régimes de retraite par répartition sont influencés, et donc menacés, par l’évolution démographique qui va accroître le nombre de retraités par rapport au nombre d’actifs, alors que les retraites par capitalisation proposées par les fonds de pension et les compagnies d’assurances échappent à cette contrainte. Il reprend en cela les allégations de la Banque mondiale maintes fois répétées et diffusées dans le monde entier.

Question : à qui les fonds de pension vendront-ils les titres financiers (actions et obligations) achetés auparavant pour le compte de leurs souscripteurs de plans de retraite individuels lorsque ceux-ci arriveront à l’âge de la retraite et qu’ils devront commencer à leur verser la rente promise ? Réponse : aux actifs du moment qui souscriront à leur tour à des plans identiques et qui sont… relativement moins nombreux qu’avant. Une classe d’âge nombreuse vendra à une classe d’âge moins nombreuse et le prix des titres baissera. CQFD. Ceux qui disent le contraire nous trompent ou ne comprennent rien. On ne finance jamais sa propre retraite, elle est toujours payée par les actifs du moment. Et l’évolution de la démographie doit être mise en rapport avec celle de la production, sous peine de contresens ou de non sens.

Deuxième exemple. Jacques Bichot, Professeur à l’Université Lyon III, souhaite, dans un article des Echos (12 février 2008), que « chacun [soit] le libre artisan de sa propre retraite ». Il veut résoudre la quadrature du cercle en croyant lui aussi, ou faisant croire, que la richesse distribuée sous forme de retraites peut être détachée de la production collective. Il prône aussi la « neutralité actuarielle », technique consistant à lier le montant de la pension à la durée moyenne de vie probable, comme si chacun devait récupérer les cotisations qu’il avait personnellement versées. A la place de la retraite solidaire entre les générations, il réintroduit la formule de l’épargne capitalisée.

Question : que produit une épargne en elle-même si aucun travail n’est effectué ? Le Professeur ne répondra pas parce qu’il croit ou fait semblant de croire à la vertu prolifique du capital.

Troisième exemple. Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de haute finance, professeur à l’Université Paris X, écrit, dans un article de Libération (14 février 2007), que l’Etat n’aura bientôt plus assez de patrimoine pour honorer la dette de la collectivité vis-à-vis des retraités à venir.

Question : un revenu distribué est-il un prélèvement sur un stock (patrimoine) ou un flux engendré par l’activité économique courante ? On n’entendra pas la réponse du Directeur-Professeur qui, ou bien s’est mélangé les pieds sur une question qui l’aurait collé à un examen de première année, ou bien pariait sur l’ignorance par les citoyens du fait qu’aucun revenu n’est distribué par prélèvement sur un stock. Car si l’on s’avisait de brader l’argenterie, on ne le ferait qu’une fois !

Après de telles inepties proférées par les plus hautes autorités intellectuelles, sans qu’aucun commentaire critique ne vienne dans les médias démasquer les pitreries ou les tricheries, il ne reste plus aux politiques qu’à conclure qu’il faut reculer l’âge de la retraite, au-delà de 60 ans. Ainsi, Monsieur Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée nationale (La Tribune, 14 février 2008) fait-il écho au lamento de Madame Laurence Parisot, Présidente du Medef, qui réclame (La Tribune, 8 février 2008) la même chose depuis des siècles. Pardon, si ce n’est-elle, c’était son arrière-grand-père sociologique qui, au sein du Comité des forges, au XIXe siècle, fustigeait déjà la réduction du temps de travail.

Les bougres, ils ont compris : seul le travail produit de la valeur à distribuer, surtout aux actionnaires. Il faut donc faire travailler plus. Ah, mais, j’y pense. Puisque les fonds de pension ne produisent rien et que le capital est stérile, alors, les retraites par capitalisation, c’est du vent ou bien du vol…

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Rapporteur Attali, zéro pointé http://harribey.blogsudouest.com/2008/01/31/rapporteur-attali-zero-pointe/ http://harribey.blogsudouest.com/2008/01/31/rapporteur-attali-zero-pointe/#comments Thu, 31 Jan 2008 17:52:25 +0000 harribey croissancepolitique économiquetravail http://harribey.blogsudouest.com/2008/01/31/rapporteur-attali-zero-pointe/ 17. Rapporteur Attali, zéro pointé

Jean-Marie Harribey

Le Premier ministre veut noter les membres de son gouvernement à l’aune du rendement des mesures mises en œuvre dans le cadre du programme de Nicolas Sarkozy. Et comme ce dernier a promis de réaliser tout ce que proposerait la commission pour « libérer la croissance » présidée par Jacques Attali, prenons-le au mot et notons les propositions de cette commission qui vient de rendre public son rapport, d’autant qu’elle invite à faire évaluer les enseignements par les usagers. Ça tombe bien pour une notation sur 20, car, sur un total de 316 mesures, elle a fait vingt propositions de « décisions fondamentales » encadrées par huit « ambitions » dans un rapport « ni partisan, ni bipartisan, mais non partisan ».

Commençons par la vingtième car elle conditionne les dix-neuf autres. Baisser d’un point de PIB par an et pendant cinq ans les dépenses publiques. Non partisan ? C’est le programme néolibéral depuis 25 ans. Note pour la copie d’Attali : zéro sur un.

Propositions 1, 3, 5 et 6 : développer l’enseignement (français, lecture, écriture, calcul, anglais, travail de groupe, informatique maîtrisés en 6e ; remarquez l’absence des arts), la recherche et les secteurs d’avenir (numérique, santé, écologie, tourisme, solaire, pile à combustible, biotechnologie, nanotechnologies, neurosciences), le très haut débit (notamment dans l’administration), les infrastructures (ports, aéroports et places financières ; remarquez la confusion entre le réel et le fictif), et le logement social. Objectifs incompatibles avec la proposition 20, sauf à supposer que leur financement viendra du privé. Note : zéro à chacune de ces propositions.

Propositions 2 et 18 : constituer dix grands pôles d’enseignement et de recherche d’excellence et créer des agences pour les principaux services au public et faire évaluer tout service public (école, université, hôpital, administration) par des organes indépendants. La voie est donc ouverte pour réaliser ce que prévoit la loi Pécresse sur l’université : faire entrer le privé dans l’enseignement et la recherche. Et la notion de service public est dénaturée en « service au public », à l’instar des directives européennes, tandis qu’on évaluera ce qu’il en restera avec des critères de rentabilité. Notes : zéro et zéro.

Proposition 4 : mettre en chantier dix « Ecopolis » intégrant technologies vertes et technologies de communication. Toute l’urgence écologique consignée dans une incidente. Note : zéro.

Propositions 7, 8, 13, 14 : accorder des facilités aux entreprises sur la fiscalité, les démarches administratives, liberté des prix et d’installation dans la distribution, l’hôtellerie et le cinéma, ouverture des professions réglementées. Il s’agit de favoriser les PME, donc par rapport aux grandes entreprises. Incohérent avec la concurrence non faussée prônée par ailleurs. Notes : zéro partout.

Propositions 9, 10, 11, 15, 16, 17 : elles concernent toutes le marché du travail. Renvoyer l’essentiel des décisions sociales à la négociation (exit le droit du travail), obliger les entreprises et les administrations à présenter un bilan de la diversité de l’emploi (comme l’actuel bilan social, ça ne coûte pas cher), réduire le coût du travail par le transfert des cotisations sociales vers la CSG et la TVA (donc sans tenir compte de l’augmentation des besoins et de l’iniquité des impôts proportionnels), favoriser la mobilité des travailleurs (que deviennent les sans papiers ?), rémunérer les chercheurs d’emploi en formation (incompatible avec la réduction des dépenses publiques), et sécuriser la rupture amiable du contrat de travail (pourquoi sécuriser : entre amis, n’est-ce pas sûr ?). Notes : zéro partout.

Proposition 12 : allonger la durée d’activité sans limite d’âge, qui résonne comme en écho à la possibilité donnée aux entreprises de déroger à la durée légale du travail. Pour avoir sonné le glas de la RTT, note : zéro.

Proposition 19 : supprimer les départements. A-t-on demandé leur avis aux citoyens ? Par exemple, par référendum, avant qu’il ne tombe en désuétude… Note : zéro.

Total des points obtenus par le rapporteur Attali : zéro. Mais l’orientation ultra libérale ne se niche pas seulement à l’intérieur de chacune de ces propositions qualifiées de « fondamentales ». Elle inspire la totalité des ambitions affichées par la commission Attali dont la philosophie est résolument productiviste, sans que soit esquissée la moindre interrogation sur le bien-fondé d’une croissance économique espérée à hauteur de 5% par an, comme dans l’après-guerre ou comme dans les pays émergents aujourd’hui. « Même si chaque Français produit 5% de plus par heure travaillée que chaque Américain, il produit 35% de moins que lui au cours de sa vie active », écrit Attali. Confondre, en terme d’objectif, l’efficacité, mesurée par la productivité horaire, et le productivisme, défini par la recherche d’une productivité individuelle toujours plus grande, vaut au rapporteur Attali un zéro pointé.

Sur fond de crise financière, on est partagé entre un éclat de rire et l’abattement en voyant loué le « rôle important des fonds de pension et des marchés financiers » dans la réussite de l’économie américaine. Zéro doublement pointé.

Voir aussi le blog 11 ci-dessous.

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