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du Journal SUD OUEST

La bourse ou la vie
par Jean-Marie Harribey, co-président d’Attac

Bon anniversaire, Madame Parisot

10. Bon anniversaire, Madame Parisot

Jean-Marie Harribey

A la veille de chacun de ses anniversaires, la présidente de MEDEF, Laurence Parisot, nous convie aux réjouissances qu’elle organise. Elles nous gratifie toujours de déclarations sympathiques. Elle a donné une interview au journal Le Monde (30 août 2007) : « Il faut cesser de raisonner à partir du consommateur ». Et nous qui pensions que dans l’économie « de marché », c’était le client qui était roi…

Donc, vive une « politique de l’offre » ! Qu’est-ce à dire ? L’offre et la demande ne sont-elles pas liées ? Bien sûr que si, mais au lieu de stimuler la demande de consommation et celle d’investissement, Dame Parisot préfère stimuler les profits. Pour quoi en faire ? Dame Parisot ne le dit pas car c’est là le secret du capitalisme néolibéral : des profits pour verser davantage de dividendes aux actionnaires. Les riches s’enrichissent, consomment à tout va, comme aux Etats-Unis. Mais il y a peu de riches, proportionnellement à la population. Eh bien, faisons crédit aux pauvres, par exemple pour acheter leur maison. Les banques revendront immédiatement leurs titres hypothécaires à des fonds spéculatifs. Au bout de la route, crise de l’immobilier, crise financière, crise boursière et, pourquoi pas, crise productive.

C’est la définition même d’une politique de l’offre. Finis les coups de pouce aux salaires et aux prestations sociales, les salariés n’ont qu’à travailler plus s’ils veulent gagner plus et mourir au travail pour ne pas avoir de problèmes de retraites : « Il faut aussi relever progressivement l’âge légal de la retraite à 61 ans, puis à 62 ans, et allonger le nombre d’années de cotisations ». Allons, travailleurs, c’est l’anniversaire de Dame Parisot, pensez à son cadeau !

Elle vous en saura gré : finis les licenciements car, désormais, salariés et employeurs doivent pouvoir « envisager une option supplémentaire, la séparation d’un commun accord », comme un divorce par consentement mutuel. Fini le code du travail protecteur, Dame Parisot a de la suite dans les idées car elle avait déjà déclaré il y a deux ans : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » (Le Figaro économie, 30 août 2005).

Pour preuve de sa merveilleuse compréhension de l’économie, Dame Parisot explique le chômage : « Cette réforme du marché du travail, c’est l’occasion ou jamais que plus personne ne fasse le choix du chômage ». Chômeurs, sortez donc de votre paresse ! Dame Parisot s’attache à soulager votre sort car elle demande « l’inscription de la liberté d’entreprendre dans la Constitution ».

Allez, tous en chœur et de bon cœur : « Bon anniversaire, Madame Parisot ».

2 septembre 2007

Un commentaire pour “Bon anniversaire, Madame Parisot”

  • Dominique-Emmanuel BLANCHARD dit :

    « Il faut cesser de raisonner à partir du consommateur. » « Cette réforme du marché du travail, c’est l’occasion ou jamais que plus personne ne fasse le choix du chômage. » Ces deux phrases font froid dans le dos, mais n’ont-elles pas le mérite d’être honnêtes, parce qu’enfin, ne le savions-nous pas que cétait ce qu’ils pensaient les gens de la finance ? Merci pour cet excellent papier.

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